Dans Underwater Cities, tout part d'un choix simple : vous placez un pionGlossairePièce de jeu générique déplacée sur le plateau pour représenter un joueur, une unité ou un marqueur. sur un emplacement d'action et vous jouez une carte de votre main. La subtilité, qui est aussi le cœur du jeu, réside dans la couleur de ces deux éléments. Si elle correspond, vous activez à la fois l'effet du lieu et celui de la carte. Sinon, seule l'action du lieu se déclenche. Ce principe unique transforme chaque tour en un exercice d'optimisationGlossaireStratégie consistant à maximiser un aspect de son jeu en minimisant tout le reste. et de sacrifice, destiné aux joueurs qui aiment planifier et construire des moteurs de production complexes.
La carte ou l'action ? Le choix permanent
Le système de jeu repose entièrement sur ce dilemme. Faut-il se contenter d'une action nécessaire mais sous-optimale, ou attendre d'avoir la bonne carte en main pour déclencher un comboGlossaireEnchaînement de cartes ou d'actions qui se renforcent mutuellement pour un effet décuplé. dévastateur ? Cette mécanique de correspondance des couleurs crée une tension constante. Elle oblige à une gestion de main rigoureuse et à une adaptation permanente, car les plans les mieux établis peuvent être contrariés par un tirage de cartes défavorable ou un emplacement convoité déjà pris.
Cette interaction entre le plateauGlossaireSurface de jeu imprimée sur carton rigide, représentant la carte, le monde ou l'espace de jeu. commun et la main personnelle est ce qui distingue Underwater Cities. Il ne s'agit pas seulement de choisir la meilleure action disponible, comme dans un placement d'ouvriers classique. Il faut synchroniser ses besoins immédiats avec les opportunités offertes par ses cartes. Les tours les plus gratifiants sont ceux où l'on parvient à aligner parfaitement la couleur de l'action et celle de la carte, créant des enchaînements qui accélèrent considérablement le développement de sa cité sous-marine.
Bâtir son moteur, tour après tour
La partie se déroule sur trois ères, rythmées par des phases de production. Le sentiment de progression est très marqué. Les premiers tours sont consacrés à la collecte de ressources de base et à la pose des premiers dômes. Puis, peu à peu, le moteur s'emballe. Les bâtiments spécialisés comme les fermes, les laboratoires et les usines de dessalement entrent en jeu, générant des revenus de plus en plus importants et offrant de nouvelles options stratégiques.
Voir sa nation sous-marine prendre forme sur son plateau personnelGlossairePlateau personnel devant chaque joueur pour gérer ses ressources, bâtiments ou cartes. est l'un des grands plaisirs du jeu. Les synergies entre les bâtiments et les cartes se multiplient, et les dernières manches permettent de marquer un grand nombre de points si le moteur a été bien construit. Le jeu récompense la vision à long terme et la capacité à construire un système cohérent à partir des éléments piochés au hasard.
Une immersion qui reste en surface
Si la mécanique est saluée pour sa profondeur, l'habillage du jeu est plus fonctionnel qu'évocateur. Le thème de la construction de cités sous-marines, bien que présent, sert surtout de prétexte aux mécaniques de gestion. Les illustrations, dans un style réaliste un peu froid, ne parviennent pas toujours à donner vie à cet univers de science-fiction. On se concentre sur les icônes et les couleurs, moins sur le récit que le jeu essaie de porter.
Ce manque d'immersion est accentué par une interaction entre joueurs assez limitée. La compétition se joue principalement sur le blocage des emplacements d'action du plateau central. Pour le reste, chaque joueur est très absorbé par l'optimisation de son propre plateau, ce qui peut donner une sensation de jeu en solitaire. Enfin, un point souvent noté sur la première édition concerne la qualité du matériel : les plateaux personnels sont particulièrement fins, ce qui détonne avec la robustesse des mécaniques proposées.
Verdict
Le système de jeu d'Underwater Cities est d'une grande intelligence, fondé sur un arbitrage simple en apparence mais stratégiquement très profond. C'est un jeu de construction de moteur exigeant, qui procure une satisfaction réelle lorsque les combos s'enchaînent et que la cité devient productive. Il s'adresse clairement à un public expert, qui ne sera pas rebuté par des parties longues et une interaction plutôt froide. Le thème est un prétexte et l'interaction se limite à la course aux emplacements, mais la solidité de la mécanique principale suffit à porter l'ensemble. La qualité du matériel de la première version est son principal défaut. C'est un jeu de gestion qui récompense avant tout la planification et l'optimisation.
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