Merz Verlag, l'organisateur de Spiel Essen, a fait état de six vols qui lui ont été signalés pendant l'édition 2026 du salon. Les objets dérobés vont des nappes aux caisses de jeux, en passant par de l'argent liquide et du matériel. D'après l'organisateur, tous ces vols ont eu lieu pendant le montage ou le démontage. L'accès aux halls était alors réservé aux exposants, aux détenteurs d'un laissez-passer de montage ou de démontage, au personnel et aux agents de sécurité de Messe Essen, l'exploitant du parc des expositions.
Un stand vidé en une nuit
Le cas le plus lourd concerne Tossit, un jeu d'adresse dont les fléchettes en silicone adhèrent par ventouse aux surfaces lisses. Ses fondateurs, Gaëtan et Nicolas Ekszterowicz, sont deux frères venus de France. Le dimanche 25 octobre, vers 22h45, l'équipe de Tossit a quitté son stand du Hall 6 avec l'intention de terminer le démontage le lendemain. À son retour, à 8h le lundi 26 octobre, plus de 500 unités de marchandise avaient disparu. Les outils rangés dans le mobilier du stand manquaient aussi, alors qu'ils servaient justement au démontage. L'entreprise chiffre sa perte à environ 14 000 € de marchandises, d'équipement et d'outils. Ce montant repose sur sa seule estimation et n'a pas été confirmé.
Deux autres victimes ont rendu leur cas public. Le vendeur d'accessoires The Rolling Inn dit s'être fait dérober 4 000 € en liquide, soit toute sa recette du salon, le dimanche soir pendant le démontage. Julian Hill, membre d'un média consacré aux jeux de société, raconte de son côté qu'on lui a pris son sac le mercredi 21 octobre, veille de l'ouverture au public, sur le stand de Paverson Games. Le sac contenait de l'argent, des cartes de paiement, du matériel de prise de vue et de son, ainsi que des interviews déjà enregistrées.
Aucune caméra sur les stands touchés
Tossit reproche également à des représentants du salon et de Messe Essen de s'être moqués de son équipe. L'entreprise affirme aussi qu'un membre du personnel a tenté d'arracher son téléphone à la personne chargée de son marketing. Le salon dément toute moquerie, et Merz Verlag nie toute tentative de saisir un téléphone.
L'organisateur reconnaît en revanche qu'aucune caméra ne couvrait les stands visés. Tom Kraayvanger, responsable presse de Messe Essen, justifie ce choix par la protection des données et le respect de la vie privée des nombreuses personnes présentes sur le site. Il estime en outre que, lorsque beaucoup de gens déplacent du matériel en même temps, des images ne permettent pas de distinguer un enlèvement légitime d'un vol. Messe Essen et Merz Verlag rappellent que la garde des stands revient aux exposants, qui peuvent réserver un service de surveillance payant incluant une assurance. La police a été prévenue et Merz Verlag dit coopérer à l'enquête. Aucun communiqué de la police d'Essen n'a pu être retrouvé.
Rien d'annoncé pour 2027
Le salon a déjà connu des vols. En 2018, six éditeurs avaient déclaré plus de 20 000 $ de pertes cumulées et réclamé une meilleure sécurité. Pour 2025, Merz Verlag indique que moins d'incidents lui avaient été signalés, aucun de l'ampleur de celui de Tossit. Les vols de cette année surviennent lors d'une édition qui a attiré 230 000 visiteurs, un record de fréquentation pour la quatrième année consécutive.
L'organisateur a été interrogé sur d'éventuels changements pour l'édition 2027, prévue du 21 au 24 octobre. Il répond qu'il rassemble des informations et ne peut rien dire à ce stade. Aucune nouvelle mesure de sécurité n'est donc annoncée, et la garde des stands reste à la charge des exposants.

